Une Belle Affaire



Jusqu’où peut-on aller pour transformer un loisir en business ?

Accordez-nous moins d’une demi-heure de lecture et plongez votre public dans une comédie pleine de piquant et de secrets enfouis (même si vous avez peu de moyens).

Avant de vous en dire plus, on a 3 questions rapides à vous poser :

🆘 Vous en avez assez des pièces qui manquent d’humour et de rebondissements ?
🆘 Vous fuyez les intrigues où les personnages n’ont pas de relief ni de secrets ?
🆘 Vous n’en pouvez-plus, de ces pièces qui tirent en longueur ?

Si vous avez répondu oui à au moins deux questions, alors lisez vite ce qui suit !

Voici le résumé de Une Belle Affaire :
Lorsque Jacqueline et Christiane, deux sœurs âgées, tricotent des layettes pour leurs petits-enfants, elles ne s’attendent pas à provoquer une révolution. Admirées de tous, leurs créations suscitent des envies de commercialisation chez Ludovic, le petit-fils entrepreneur. Mais entre rivalités de famille, secrets jalousement gardés et une ancienne dette envers la mystérieuse Yvette, le projet tourne rapidement à la cacophonie. Une comédie où amour, humour et affaires s’entremêlent avec brio.

En accédant au texte intégral de Une Belle Affaire, vous obtiendrez un fichier PDF de 35 pages pour un poids ultra-réduit de 379 Ko, téléchargeable sur votre ordinateur, votre tablette, votre téléphone, et imprimable sur n’importe quel support. La mise en page vous permettra de noter sur le texte toutes les indications et notes de régie que vous jugerez utiles.

Avec Une Belle Affaire, vous découvrirez :

✅ Une comédie savoureuse : dialogues percutants et situations hilarantes qui raviront le public.
✅ Des personnages riches et variés : un mélange parfait entre générations et personnalités opposées, proposant au public un tableau diversifié.
✅ Un décor minimaliste : très peu d’accessoires sont nécessaires, ce qui simplifie le montage de la pièce.
✅ Une intrigue universelle : une réflexion légère mais pertinente sur les relations familiales et les ambitions personnelles, qui parleront au public.
✅ Une fin surprenante : un dénouement qui marquera votre public.

Intéressé(e) ? Téléchargez gratuitement le texte intégral de Une Belle Affaire et laissez votre public savourer cette comédie pétillante et pleine de surprises.

Attention : déconseillé aux Compagnies qui pensent que l’aspect visio-conférence peut être un obstacle au montage.



Les pièces Notre Village et Une Belle affaire ont été écrites durant les périodes de confinement connues par la France suite à la pandémie de Covid-19. Les compagnies ne pouvaient plus jouer en présentiel. L’idée était de leur fournir des textes qu’elles pouvaient jouer en visio-conférence. Cela reste valable mais ces textes peuvent également être mis en scène lors de représentations ordinaires.

Texte intégral d’Une Belle Affaire à lire ou à imprimer

Personnages

Manon.

Jacqueline.

Christiane.

Ludovic.

Yvette.

Le décor

Les cinq personnages ont chacun un écran distinct. 

Seule Manon est visible. Elle attend. Quelques secondes passent et l’écran de Jacqueline s’allume à son tour, mais sans image.

Manon, souriante. Bonjour mamie !

Jacqueline, off. Ah, Manon…

Manon. Je ne te vois pas.

Jacqueline, off. Ah bon ?

Manon. Active ta caméra.

Jacqueline, off. Ben oui mais comment je fais ?

Manon. C’est en bas.

Jacqueline, off. En bas ?

Manon. En bas de l’écran, tu as un petit dessin.

Jacqueline, off. En bas… Ah oui. 

L’écran de Jacqueline la laisse apparaître. Elle a une petite mine.

Jacqueline. Bonjour ma belle.

Manon, inquiète. Ça ne va pas, on dirait.

Jacqueline, avec une petite voix. En ce moment, tu sais… c’est pas la joie.

Manon. Toujours pas vaccinée ?

Jacqueline. Toujours pas. Conséquence : on est cloîtrés dans nos chambres.

Manon. Vous n’avez pas le droit de sortir ?

Jacqueline. Interdiction formelle. Cette pandémie…

Manon. On s’occupe bien de vous ?

Jacqueline. Encore heureux, je paie assez cher…

Manon. C’est toujours ça.

Jacqueline. Justement, j’en ai marre ! Une envie de fruits frais ? Je sonne et on me les dépose. Revoir pour la centième fois Autant en emporte le vent ? Je clique et le film démarre. Non, c’est d’un lassant… Et puis moi, j’ai besoin de voir du monde. Bouclée ici comme une pestiférée, j’ai l’impression d’être en prison.

Manon. Les visites reprendront bientôt. En attendant, on a les visios.

Jacqueline. C’est vrai, mais ça ne remplace pas. Au fait, pourquoi tu m’appelais ?

Manon. Parce que c’est ton jour.

Jacqueline, avec un petit sourire. Mon jour ?

Manon, joyeusement. Bonne fête mamie !

Jacqueline, dont le visage s’illumine pour la première fois. Tu y as pensé.

Manon. Bien sûr !

Jacqueline. Quand tu m’as appelée, je n’osais pas y croire.

Manon. Je n’aurais pas oublié.

Jacqueline. Moi, j’avais oublié. C’est ta grand-tante qui m’a rappelé que c’était aujourd’hui, la Fête des Grands-mères. 

Manon. Ah oui, c’est vrai… Vous êtes au même étage ?

Jacqueline. Nos chambres sont mitoyennes. Ce matin, de bonne heure, elle m’appelle. « Ludovic m’a souhaité ma fête ! » – « Quelle fête ? » – « La Fête des Grands-mères. Manon ne t’a pas appelée ? »

Manon. Désolée…

Jacqueline. Ce n’est pas ta faute. Depuis l’enfance, il y a entre elle et moi comme une… une rivalité qui n’a jamais cessé. 

Manon. Tu devais te sentir triste.

Jacqueline. Un peu, mais j’ai vite trouvé le remède : (Avec un sourire mauvais.) je lui ai demandé des nouvelles de Ludovic. 

Manon. Ça t’a remonté le moral ?

Jacqueline. Et comment ! J’ai réussi à mettre ta grand-tante de mauvaise humeur.

Manon, gentiment. Méchante…

Jacquelinebuvant du petit lait. Figure-toi que Ludovic a fait faillite.

Manon. Encore ?

Jacqueline. C’est la troisième fois ! Tu penses bien que j’ai appuyé là où ça fait mal. (Se délectant.) « Manon, elle, elle a brillamment réussi son examen final. C’est maintenant une juriste qualifiée. Plusieurs employeurs se battent déjà pour l’embaucher. Après son congé, elle aura l’embarras du choix. »

Manon. Tu exagères un peu…

Jacqueline, en joie. Peut-être, mais en tout cas, ça a marché. Elle m’a pratiquement raccroché au nez ! Je n’ai même pas eu le temps de lui demander combien il voulait.

Manon. Combien ?

Jacqueline. Tu crois que le coup de fil de Ludovic était désintéressé ? 

Manon. Ce n’était pas le cas ?

Jacqueline, acide. Tu parles, c’était sûrement pour demander à sa chère grand-mère de lui prêter de l’argent… Eh oui… il faut en acheter, des choses, quand on est devenu chargé de famille… Au fait : comment va ton petit ? 

Manon. Très bien, merci !

Jacqueline. Tant mieux. Et les layettes ?

Manon. Elles lui vont à ravir. 

Jacqueline. Parfait.

Manon. D’ailleurs tout le monde les adore. Toutes mes copines en sont folles.

Jacqueline, faussement détachée. Ah oui ?

Manon. À chaque visite, ça ne rate pas : j’ai droit à un compliment sur les layettes !

JacquelineTu m’enverras des photos ?

Manon. Bien sûr ! Je l’aurais bien pris avec moi, mais là il dort. 

JacquelineLaisse-le en paix. 

Manon. La prochaine fois, il fera la visio avec moi. Comme ça, tu pourras juger par toi-même : ces layettes lui donnent un air trop chou.

JacquelineJ’ai hâte de voir ça. 

Manon. À vrai dire, il y en a surtout une sur les deux qui fait l’unanimité. 

JacquelineAh oui ? Laquelle ?

Manon. Celle qui est marron café, avec le petit gilet en point mousse. 

Jacqueline, avec une imperceptible grimace. Ah… celle-là ? C’est celle de ta grand-tante.

Manon. Christiane ?

Jacqueline, pincée. Oui. Moi, j’ai fait l’autre. 

Manon, prenant peur. Ah. Tu n’es pas fâchée ?

Jacqueline, vexée. Moi, fâchée ? Ne sois pas sotte. C’est vrai qu’elle est bien, cette layette. Enfin, un peu traditionnelle, mais… efficace…

Manon, compatissante. Je te sens déçue.

JacquelineDéçue, moi ? Pas du tout ! (Faisant un effort pour rire.) ah ah ah ! 

Manon, dans un élan. Mais l’autre est très bien aussi !

Jacqueline, jouant la décontraction. Mais oui, elle est très bien aussi, seulement vous préférez celle de ma sœur, il n’y a pas de mal, je comprends très bien. 

Manon, un peu gênée. Oui, je ne sais pas, il y a eu un engouement sur ce modèle… c’est idiot…

Jacqueline, comme pour excuser Manon. Les goûts et les couleurs… (Sans avoir l’air de lancer une pique.) J’aurais dû m’en douter, vous êtes tellement classiques…

Manon, conciliante. Classiques, oui…

Jacqueline, avec un grand sourire. Voire conformistes.

Manon, un peu décontenancée. Euh… peut-être, oui…

Jacqueline, sèche. Eh bien, c’est Christiane qui va être contente. Elle qui veut toujours être la première.

Manon, voulant minimiser. Tu crois ?

Jacqueline, âcre. Tu penses ! Appelle-la. 

Manon. Maintenant ?

JacquelineOui. 

Manon. En visio ?

JacquelineOui. 

Manon. Si tu veux. (Manon paraît appuyer sur quelque chose.) Ça sonne. Elle n’est peut-être pas disponible. 

JacquelineMais si, je l’entends. 

Manon. Elle est peut-être déjà en conversation.

L’écran de Christiane s’allume et laisse apparaître Christiane, au téléphone.

Manon. Bonjour Tatie !

Christiane. Ah ! Bonjour Manon ! (Dans le téléphone.) C’est Manon. (À Manon.) C’est ton cousin.

Manon. Ludovic ? Ça fait longtemps… Il veut se joindre à nous ?

Christiane. En visio ? (Dans le téléphone.) Manon demande si tu es dispo pour une visio. (À Manon.) C’est d’accord. (Elle raccroche.)

Manon, tapant sur son clavier. Je dois encore avoir son adresse… Voilà !

Christiane. Tiens, mais ma sœur est là ! (Jacqueline se contente de lui répondre en lui tirant brièvement la langue, ce qui ne manque pas de piquer Christiane.)

Manon. Oui, justement, nous parlions de toi. 

Christiane, ironique. En bien, j’imagine.

Manon, sans malice. Mais oui, en bien. 

L’écran de Ludovic s’allume et le laisse apparaître.

Ludovic, enjoué. Bonjour !

Manon. Hello Ludo !

Ludovic. Salut, Manon. Sympa, cette petite visio impromptue. 

Manon. C’est l’occasion.

Ludovic, souriant largement. Mais qui je vois ? C’est ma grand-tante préférée ! Bonjour Jacqueline.

Jacqueline, froide. Bonjour Ludovic.

Ludovic. Comment ça va ?

JacquelineCet isolement, c’est pas facile.

Ludovic, très gai. En tout cas, Christiane, elle a pas l’air de s’ennuyer une minute. Visiblement, ses copines ne peuvent pas se passer d’elle. Conclusion : elle est sans arrêt au téléphone.

Jacqueline, piquée. Oui, mais la différence entre elle et moi, tu le sais bien, c’est que moi, je n’ai pas d’amies. Mis à part ça : comment vont les affaires ?

Ludovic, se rembrunissant. Oh tu sais, les affaires, ça va, ça vient…

Jacqueline, avec un petit sourire mauvais. Et parfois ça fout le camp.

Ludovic, défait. Voilà. (Pour changer de sujet.) Au fait, Manon, félicitations !

Manon. Merci ! Et félicitations à toi aussi !

Ludovic. Merci ! Eh oui, nous voilà parents…

Manon, radieuse. C’est beaucoup de bonheur.

Ludovic, dont le regard se voile. C’est beaucoup de responsabilités.

Manon. En tout cas, merci Christiane.

Christiane. Merci ? Pour quoi ?

Manon. Pour la layette !

Christiane, touchée. Elle lui va bien ?

Manon. On dirait qu’elle a été faite pour lui !

Christiane. Tu m’enverras une photo !

Manon. Bien sûr. Et tu sais, cette layette, mais tout le monde l’adore !

Christiane. Vraiment ?

Manon. Et encore, je suis en-dessous de la vérité. Dès que qu’on vient nous voir, c’est la même chanson : « Quelle jolie layette ! C’est à ravir ! Mais où est-ce que vous avez déniché ça ? »

Christiane. Je suis bien contente. 

Ludovic. On a bien eu les mêmes ?

Christiane. Quoi, les mêmes ?

Ludovic. Jacqueline et toi, vous nous avez bien offert, à Manon et à moi, les deux mêmes layettes ?

Christiane. Oui, sauf qu’on ne sait pas contentées d’aller les acheter. On les a cousues nous-mêmes. Jacqueline en a fait une orange, et moi une marron café. Et puis, comme vos petits sont nés presque en même temps, chacune a fait un deuxième exemplaire de son modèle, pour que vous en ayez chacun deux différentes.

Ludovic. Et ce que tu dis, Manon, c’est que chez toi, tout le monde est fou de la layette marron café ?

Christiane, pour faire bisquer Jacqueline. La mienne.

Manon. Les gens en sont dingues.

Ludovic. C’est marrant, parce que chez moi, c’est tout le contraire.

Christiane. C’est-à-dire ? 

Ludovic. Ta layette marron café, bon… les gens l’aiment bien… Mais celle qui remporte tous les suffrages, c’est celle de Jacqueline.

Christiane, fronçant les sourcils. Hein ? Cette saucisse ?

Ludovic. Justement ! Les gens adorent cette idée de saucisse. Avec les poches molletonnées sur le côté, et les lézardes rouges autour, le bébé se transforme en hot-dog géant. C’est génial !

Christiane, affligée. C’est d’un goût…

Jacqueline, savourant son retour en grâce. Qu’est-ce que tu peux être conventionnelle…

Ludovic. Chez moi, tu ne peux pas imaginer le carton que ça fait. Tous les copains l’ont déjà sur leur compte Insta. « Marrant, original et hyper bien fait ». Bravo Jacqueline !

Jacqueline, affichant un beau sourire. Merci Ludo.

Ludovic. Tu sais qu’ils en veulent tous ?

Jacqueline, ne boudant pas son plaisir. Ah oui ?

Ludovic. « Où t’as trouvé ça ? File-nous l’adresse ! »

Manon. Chez moi, ça va encore plus loin : ils sont prêts à payer. 

Ludovic. Mais chez moi aussi ! Et cher, en plus ! La sœur de Laurence m’a dit : « pour une layette comme ça, sortant de l’ordinaire, et cousue avec cette qualité, je serais prête à mettre le tarif. »

Manon. Même chose pour moi. La première fois que la concierge l’a vue, elle m’a dit : « Mademoiselle Manon, la personne qui vous a offert ça vous aime beaucoup, parce que, croyez-en mon expérience, ça vaut cher. » Et quand j’ai dit que c’était cousu-main dans ma famille, elle m’a dit : « vous pourriez m’en avoir quatre ? Votre prix sera le mien. »

Ludovic, intéressé. Elle en voulait quatre ?

Manon. Elle, c’est quatre, ma belle-sœur, c’est cinq, trois pour le frère de Vincent…

Ludovic. Ça ferait combien, en tout ?

Manon, les yeux dans le vague. Quatre, neuf, douze, seize, vingt-et-un, vingt-cinq… euh… trente-trois… euh… ohff… une quarantaine, je dirais.

Ludovic, dont les yeux s’allument. Une quarantaine ? Mais moi, de mon côté, ça ferait facile, quatre, dix, quatorze, euh… vingt-six… trente-et-un, trente-huit, quarante-quatre… fff… une cinquantaine… 

Christiane, n’en revenant pas. Une cinquantaine de layettes ?

Ludovic, comme pris d’une vision. À nous deux, une centaine. Une centaine de layettes. Vous vous rendez compte de ce putain de potentiel ? (Après un bref silence.) Et si on en vendait ?

Jacqueline. Qu’est-ce que tu racontes ?

Ludovic, enthousiaste. Grâce à vous deux, je ne sais pas si vous vous en rendez compte, on touche un très large spectre de consommateurs : les plus traditionnels, modèle Christiane ; mais aussi ceux qui recherchent la nouveauté, modèle Jacqueline. Avec ça, on couvre presque 100% du marché ! Ça serait une belle affaire.

Jacqueline. Tu veux commercialiser les layettes ?

Manon. Oh non ! … Tout le plaisir c’est justement d’avoir une layette unique. Si on se met à vendre ce que font Jacqueline et Christiane, tout le monde pourra s’en procurer…

Jacqueline. Et à un moment, vous allez nous demander notre avis ?

Ludovic. Qu’est-ce que tu en penses ?

Jacqueline. Hors de question !

Ludovic, déçu. Mais pourquoi ?

Jacqueline. Coudre, c’est un loisir. Nous, ça nous fait plaisir d’offrir ces layettes. On fait pas ça pour l’argent.

Ludovic, avec espoir. Allez, dix chacune.

Jacqueline. Non ! Je couds pour mon plaisir. Je n’ai aucune envie de débuter une nouvelle carrière, à mon âge, alors que je suis en retraite !

Ludovic, tentateur. Oh Jacqueline… ça te ferait un petit plus à la fin du mois…

Jacqueline. Un petit plus ?

Ludovic, essayant de la mettre en confiance. Même un gros plus. Parce que si tu travaillais pour moi, je te paierais bien.

Jacqueline. Ah oui ? Combien ?

Ludovic, mystérieux. Ah… je ne peux pas te dire ça comme ça.

Jacqueline, un rien méprisante. Paroles, paroles…

Ludovic. Il y aurait du concret, crois-moi. 

Jacqueline, mettant les pieds dans le plat. Du concret ? Du concret comme la boîte que tu viens de couler ?

Christiane, soufflée par l’audace de Jacqueline. Jackie, t’y vas un peu fort…

Ludovic. Laisse, grand-mère. C’est normal. J’ai fait faillite. Jacqueline se demande si on peut me faire confiance. La vérité, c’est qu’en un an, Zambo et moi, on avait doublé notre chiffre d’affaire. 

Jacqueline. Zambo ?

Ludovic. Mon associé. L’argent rentrait à flot. Nous étions parfaitement rentables.

Jacqueline, ironique. Et c’est à cause de ça que vous avez fait faillite !

Ludovic, soudain grave. C’est à cause de nos distributeurs. Nos contrats stipulaient un paiement trente jours après la livraison. Sauf que leurs virements, ils arrivaient systématiquement avec cinquante jours de retards, au moins ! C’est à cause d’eux qu’on est morts. 

Jacqueline, sincère. Je suis désolée, Ludovic.

Ludovic. C’est rien, Jacqueline. Je connais les bruits qui courent. Je les laisse courir, et je te le dis : cette fois, il n’y aura aucun problème de distribution, parce que c’est nous qui la ferons. Et tu pourras mettre du beurre dans les épinards.

Jacqueline. De l’argent ? Pourquoi faire ? Il suffit que j’appelle, et le personnel m’apportera ce que je veux sur un plateau. Pourquoi j’irais m’imposer une contrainte supplémentaire.

Christiane. Moi, je veux bien. 

Jacqueline. Hein ?

Christiane. Moi, je veux bien tricoter des layettes et les vendre.

Ludovic. C’est vrai, grand-mère ?

Christiane. Bien sûr que c’est vrai !

Ludovic. J’en parle à Zambo ! (Il s’éclipse.)

Jacqueline. Mais enfin, Christiane… pourquoi ?

Christiane, que cette question surprend. Pourquoi ? Je veux des sous !

Jacqueline. Des sous ? Mais enfin… on a tout !

Christiane, comme un coup de cravache. Parle pour toi ! On n’a pas le même forfait…

Jacqueline. Ah oui, c’est vrai…

Christiane. Quand tu te régales avec un menu traiteur, moi, de mon côté, j’ai un sachet de Mousseline. Tu peux aller au spa et à la piscine, et moi, pendant ce temps-là, je peux aller me brosser ! Tu peux faire appel au service d’un masseur, et moi je peux juste faire appel aux services de ma sœur, c’est-à-dire toi ! C’est quoi, déjà, ton forfait ?

Jacqueline. Euh… Attends… j’ai pris le Napoléon.

Christiane. Le mien, c’est Causette, t’as qu’à voir…

Jacqueline, sans pitié. Qu’est-ce que tu veux…. c’est la vie !

Christiane. Ah non, au contraire, c’est pas une vie !

Jacqueline. Il fallait faire d’autres choix…

Christiane, dont les yeux s’allument. C’est-à-dire ?

Jacqueline. Ce n’est pas avec la pension que Georges t’a laissée que tu pouvais te payer un Napoléon 

Christiane, explosant. Nous, au moins, nous nous aimions !

Jacqueline, choquée. Oh ! De toute façon tu nous as toujours jalousés ! 

Christiane, souriant. Moi, je vous jalousais ?

Jacqueline. Parfaitement !

Christiane, attaquant. Et je jalousais quoi, au juste ? Votre snobisme ? Votre pingrerie ?

Jacqueline. Tu n’as jamais supporté qu’Henri gagne mieux sa vie que Georges !

Christiane, aigre. Manon, tu vois là les ravages de la vieillesse. C’est pas glorieux, de perdre ainsi la mémoire…

Manon, mal à l’aise. Vous allez peut-être arrêter de vous disputer ?…

Christiane. Oh oui, nous allons arrêter, ne t’inquiète pas… De toute façon, ton grand-oncle me l’avait dit… la Jackie, c’est une vraie punaise…

Jacqueline. Il n’a pas toujours dit ça…

Christiane, après un temps, alors que Manon ouvre des yeux ronds. Quoi « il n’a pas toujours dit ça » ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Jacqueline, avec un petit sourire satisfait. Mais rien…

Christiane, furieuse. Ah non ! Tu en as dit trop ou pas assez ! 

Jacqueline, continuant à jouer. Mettons que je n’ai rien dit…

Christiane, fulminant. —C’est un comble !

Ludovic, revenant, sourire aux lèvres. Qu’est-ce qui se passe ?

Manon, soulagée. Ah Ludo ! Fais quelque chose, elles ne sont pas possibles !

Ludovic, soudain d’un air sévère, à Christiane et Jacqueline. Qu’est-ce que vous avez fait encore, toutes les deux ?

Manon. Le ton monte… 

Ludovic, retrouvant son sourire. Arrêtez vos bêtises, et souriez : j’ai eu Zambo. Il est emballé ! Cette affaire de layettes, il est prêt à y investir toutes ses économies ! Il se renseigne.

Manon, désespérée Je propose qu’on fasse une pause concernant les layettes et la possibilité de…

Christiane, la coupant, à Ludovic. Justement, j’étais en train de t’appuyer, mais ta grand-tante est têtue comme une mule et méchante comme une teigne !

Jacqueline, la vertu incarnée. Moi ?

Christiane. Je suis persuadée que nos layettes vont avoir un succès fou et j’ai hâte de m’y mettre !

Jacqueline, sobre. Non, Christiane.

Christiane, surprise. Non ?

Jacqueline, simplement. Non.

Christiane, avec un air de défi. Et qui m’en empêchera ? Toi ?

Jacqueline. Tu sembles oublier une chose : ce sont les patrons d’Yvette. 

Christiane, après un temps. C’est pourtant vrai…

Ludovic. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de patron ?

Jacqueline. Les layettes que nous avons cousues ne sont pas sorties comme ça de nos esprits.

Ludovic. D’où elles sont sorties, alors ?

Christiane. Elles viennent de patrons fournis par Yvette. Les patrons, ce sont des modèles, des feuilles de papier qui présentent les layettes vues de face, et qui permettent de découper les morceaux de tissu selon un tracé bien précis. 

Ludovic. Et alors ?

Jacqueline. Eh bien ces patrons nous ont été fourni par une résidente de la maison de retraite, qui est une vraie fée de la couture : Yvette.

Christiane. Tu comprends, Ludovic, ces patrons sont à elle. On ne peut pas les utiliser comme ça.

Jacqueline, trop heureuse. Vous n’obtiendrez jamais son accord !

Christiane. Je n’en suis pas sûre… Yvette est restée très jeune…

Jacqueline, sèche. Traite-moi de vieux pot…

Christiane, acide. Mais ma chère sœur, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes…

Jacqueline. Et c’est dans les meilleures soupes que se cachent les petits grains de poivre qui peuvent vous étouffer !

Christiane, à part, saisie par cette remarque. Elle devrait consulter…

Ludovic. Et si on lui demandait ?

Christiane. À Yvette ?

Ludovic. Elle aura peut-être envie d’entrer dans l’affaire ! Manon, tu peux l’appeler ?

Manon. Oui, mais il me faut son adresse.

Christiane, cherchant sur son téléphone. C’est… heu… vivi47@club-internet.fr

Manon, tapant sur son clavier. Club internet ? C’est quoi, ça ?

Ludovic. Un truc du XXe siècle.

Christiane, au téléphone. Allô, Yvette ? Ma petite-nièce, Manon, vient de t’envoyer un lien pour une visio. Oui, on voudrait te parler de quelque chose. À tout de suite. 

Jacqueline. Connaissant Yvette, vous allez être déçus…

L’écran d’Yvette s’allume et laisse apparaître Yvette.

Yvette. Bonjour.

Christiane. Bonjour Vivi !

Jacqueline. Bonjour.

Manon. Bonjour Yvette.

Yvette. Ah mais c’est Manon. Comment va le petit ?

Manon. Très bien !

Yvette. Tant mieux. 

Ludovic. Bonjour Yvette.

Yvette. Tiens, Ludovic ! Mais dites-moi, c’est une vraie réunion de famille. Pourquoi vous m’avez fait venir ?

Jacqueline. Tu ne devineras jamais quelle idée leur est passée par…

Christiane, la coupant. Je t’explique, parce qu’avec Jackie… Bon, alors… tu te souviens qu’avant qu’on soit tous bouclés dans nos chambres, avec Jackie on t’avait parlé des heureux événements qu’attendaient Manon et Ludovic. 

Yvette. Oui.

Christiane. Connaissant ta longue expérience en couture, on t’avait demandé (Sa mémoire semble se brouiller.) euh…si… si… 

Jacqueline, saisissant la balle au bond. On t’avait demandé si tu n’avais pas dans tes cartons quelques patrons de derrière les fagots.

Yvette. Ça me dit quelque chose.

Jacqueline. Et ensuite tu as fouiné… 

Christiane, l’interrompant. Tu as fouiné dans ton grand meuble et tu nous as sorti deux superbes patrons. L’un, très original et l’autre très classique.

Yvette. Je m’en souviens ! Un gilet point mousse et un hot-dog !

Jacqueline et Christiane, ensemble. Voilà !

Yvette. Vous y êtes arrivées ?

Jacqueline et Christiane, ensemble. Bien sûr !

Christiane. Et j’ai fini la première !

Jacqueline. Ah non c’était moi.

Christiane. Non, c’était moi.

Jacqueline. Non, moi.

Christiane. Moi !

Jacqueline. Moi !

Ludovic. Bon, bon, match nul !

Christiane. Toujours est-il que les layettes ont un succès fou !

Yvette. C’est vrai ? ça me fait plaisir !

Ludovic. Ça dépasse le simple succès, chez moi comme chez Manon.

Manon. Je confirme. Ces layettes, le gens en sont fous.

Ludovic. Ils sont même prêts à les acheter. Et au prix fort.

Yvette. À ce point ?

Ludovic. Tout le monde nous dit : où est-ce qu’on peut en trouver ?

Manon. Justement : on ne peut en trouver nulle part, c’est ça qui en fait le prix.

Ludovic, agacé. Manon, s’il te plaît…

Manon. Ben quoi ? J’ai quand même le droit de donner mon avis, non ?

Ludovic, regard noir. On l’a entendu.

Jacqueline. C’est vrai que ce qui fait la valeur de ces layettes, c’est leur rareté !

Ludovic, sec. Bon, Jacqueline, je peux en placer une ?

Jacqueline, ironique. Monsieur parle, tout le monde doit se taire ?

Ludovic. Mais pas du tout ! Simplement, on a fait venir Yvette, et je pense qu’elle se demande pourquoi. Pas vrai, Yvette ?

Yvette. Oui, oui…

Ludovic. Bien, donc vu le succès de ces layettes, je me disais : pourquoi pas les commercialiser ? Alors est-ce que tu serais d’accord pour qu’on utilise tes patrons pour les produire à grande échelle ? Mais attention. : tu toucherais bien sûr des royalties sur chaque exemplaire vendu. (Silence.) Qu’en penses-tu ?

Yvette. Je suis embêtée…

Jacqueline, satisfaite de ce manque d’enthousiasme. Si tu ne veux pas, Yvette, dis-nous carrément non, on ne s’en formalisera pas, n’est-ce pas, Ludovic ?

Christiane. Mais… arrête de l’influencer !

Jacqueline. Je ne l’influence pas, je la mets à l’aise !

Manon. Yvette, si vous préférez que tout ça reste de petits travaux de couture confidentiels, ça nous ira très bien aussi, il n’y a aucune obligation…

Ludovic, excédé. Ça va bien, oui ?

Manon, énervée. Et si tu redescendais un peu ?

Ludovic. Mais vous la saoulez, vous la saoulez… laissez-la réfléchir ! On s’entend plus penser ! 

Manon, logique. En ce cas, tais-toi.

Ludovic, se mord les lèvres, mais n’y tenant plus. Yvette, vous n’imaginez pas le pognon qu’il y a à se faire avec vos layettes !

Jacqueline. On avait dit qu’on la laissait réfléchir, non ? 

Ludovic. C’est tout de même un élément à prendre en compte…

Jacqueline. Bon, Yvette… tu es au courant de la proposition de Ludovic, on va te laisser repenser à tout ça et puis tu nous donneras ta réponse plus tard. 

Ludovic. Yvette, vous pouvez peut-être quand même nous dire votre sentiment ?

Yvette. Mon sentiment, c’est que je suis embêtée. (Un silence embêté, justement.) Je suis embêtée, parce que ces patrons ne sont pas les miens. 

Ludovic. C’est pas les vôtres ? C’est les patrons de qui, alors ?

Yvette. C’est les patrons de madame Jacob.

Ludovic. Madame Jacob ?

Jacqueline. Qui c’est, madame Jacob ?

Yvette. Ma patronne. C’est bête à dire mais… (Souriant.) c’est les patrons de ma patronne…

Ludovic, ne sachant si c’est du lard ou du cochon. C’est une blague ?

Yvette. Oh non.

Jacqueline. —Mais, ces patrons, elle te les a donnés ?

Yvette, gênée. Non.

Christiane. —Comment ça se fait que tu les aies avec toi ?

Yvette, honteuse. Bah parce que… parce que je lui ai volés.

Jacqueline, après un silence. Tu lui as volé ses dessins ?

Yvette, gênée. Elle les a laissés sur le comptoir. Elle avait un sacré coup de crayon, la mère Jacob. Je les ai trouvés si simples, et si bien conçus que… je les ai volés.

Christiane. —Elle ne t’a jamais soupçonnée ?

Yvette, émue. Oh non. Elle me faisait tellement confiance…. 

Jacqueline, après un silence. Mais… enfin, Yvette… j’ai du mal à saisir… Pourquoi ?

Yvette. Disons que… Toute ma vie j’ai été une coutière. 

Christiane. Et une excellente couturière !

Yvette. En tout cas, mes clientes ont toujours été satisfaites.  

Christiane. Je te le confirme. 

Yvette. Mme Jacob, c’était aussi une couturière, bien sûr, et une couturière très douée ! Mais elle était plus que ça. Elle dessinait ce qu’elle cousait et c’était toujours merveilleux.

Christiane. Votre boutique était connue pour ça.

Yvette. De mon côté, j’essayais de dessiner mais… rien à faire… Alors quand j’ai vu ces patrons sur le comptoir, je les ai pris. 

Jacqueline. Toi, Yvette, une voleuse ?

Yvette. Je ne voulais pas les voler, juste les emprunter. Le temps de les étudier et de les reproduire. Chaque soir, après le dîner, je m’y mettais mais… jamais je n’y suis arrivé. 

Jacqueline. Et tu ne lui as jamais ramené les patrons ?

Yvette. Non. Je n’ai jamais osé. Je suis partie à la retraite en emportant mon secret.

Jacqueline. Tu ne l’as dit à personne ?

Yvette. Non. Mais j’avais un poids. Finalement, ça me fait du bien de vous en avoir parlé. 

Jacqueline. Mais… elle devait se demander où ils étaient passés ?

Yvette. Oui et non. Je me suis aperçue un peu plus tard qu’elle en avait une copie. Ça a contribué à me rassurer un peu.

Ludovic, rêvant. Des patrons volés, gardés dans un tiroir pendant des années, et qu’on retrouve seulement aujourd’hui… ça va faire un storytelling génial…

Manon. Pfff… c’est tout ce que tu vois, toi…

Ludovic. En tout cas, il faut contacter Mme Jacob.

Yvette. Ça va être difficile.

Ludovic, prenant peur. Ah non… ne me dites pas que…

Yvette. Si. Elle est morte.

Ludovic. Bon, eh bien, dans ce cas, il faut parler à ses héritiers. 

Yvette. Vous auriez du mal.

Ludovic. Quoi ? Elle n’a pas d’héritier ? 

Yvette. Aucun.

Ludovic. C’est impossible.

Yvette. Pourtant, je vous le confirme.

Ludovic. On a toujours des parents éloignés, des cousins au troisième degré qui…

Yvette. Toute sa famille a été déportée. Elle était la seule rescapée et elle ne s’est jamais remariée.

Ludovic, dont le visage s’éclaire. Dans ce cas, c’est bon ! On n’a plus à se soucier de rien ! On a les mains complètement libres !

Manon. Ah non, au contraire.

Ludovic. Mais puisqu’elle est morte sans personne !

Manon. Justement. Si une personne meurt sans héritier aucun, tous ses bien reviennent à l’État. 

Ludovic, incrédule. Qu’est-ce que tu racontes ?

Manon. Qu’est-ce que je te raconte ? Eh bien je te raconte mon cours de droit patrimonial. 

Ludovic, perdu. Mais alors, ces partons, là… ils sont à qui ?

Manon, satisfaite de cet obstacle. Ces patrons sont désormais la propriété de l’État.

Ludovic, répondant à son téléphone. Ah, Zambo, tu tombes bien. Justement, tu sais, ces patrons… (Un temps.) Oui ? (Un temps.) Tu déconnes ? (Un temps.) C’est pas vrai… (Un temps.) Quoi ? (Un temps.) Mais oui ! ce sont ses patrons ! (Un temps.) Manifestement… Attends. (Ludovic consulte son téléphone.) Ça y est j’ai l’info… (Un temps, lisant.) Putain ! (Reprenant le téléphone.) Eh Ouais… salut. (Il raccroche.) C’était Zambo. (Prenant appui sur son téléphone.) Le ministre de l’industrie vient d’annoncer la création de France Layettes, « véritable service public de la layette ». « Grâce à France Layettes, chaque nouvelle maman se verra offrir par l’État un lot de deux layettes, l’une classique, marron café avec gilet en point mousse ; l’autre, originale, figurant un hot dog. Ces layettes proviennent de patrons dessinés par Myriam Jacob, ouvrière française dont l’État entend ainsi perpétuer la mémoire. »

Yvette, avec un large sourire. Elle méritait bien ça.

Ludovic. Bon bah… je vous laisse… il faut que j’aille pointer à Pôle Emploi.

L’écran de Ludovic s’éteint.

Yvette. Cette nouvelle va éclairer ma journée ! Je raccroche, je vais essayer d’en savoir plus.

L’écran d’Yvette s’éteint.

Jacqueline, avec un petit air satisfait. Désolée, Christiane, faudra que tu trouves autre chose pour améliorer l’ordinaire…

Christiane, morose. J’ai compris, merci… Au fait, Manon, je n’ai pas eu le temps de le dire à Ludovic, j’ai laissé pour vous deux des pots de confiture à l’accueil. Tu sais qu’on a un atelier cuisine ? Je les ai faites avec les fraises du verger de la maison de retraite.

Manon. Génial ! Tu sais que tout le monde les adore, tes confitures ?

Christiane, dont le visage s’illumine. C’est vrai ?

Manon. Les voisins, la concierge… Tout le monde dit qu’elles ont une saveur unique…

Christiane. Eh ben alors… C’est ça qu’on pourrait commercialiser ! Je mettrais Jacqueline à contribution, on ferait d’abord vingt pots par semaine, puis trente, puis…

Jacqueline, éclatant. Ah non ! ça va bien, maintenant, ces histoires… Fichez-moi la paix et laissez-moi profiter de ma retraite tranquille !

L’écran de Jacqueline s’éteint.

Christiane. Qu’est-ce qui lui prend ?

Manon. Une envie de souffler, je pense…

Christiane. Une envie de souffler ? Alors que je lui propose une si belle affaire ?

Manon, souriant. Bonne journée, Christiane, il faut que j’y aille.

L’écran de Manon s’éteint.

Christiane, dépitée. Il est beau, l’esprit d’entreprise… (Ayant soudain une idée.) Mais… cette affaire de confitures… peut-être que ça intéresserait Yvette ? (Prenant son téléphone et faisant un numéro.) Et on dit que les vieux n’ont plus d’idées… Allô, Yvette ? J’ai une affaire en or à te proposer !

L’écran de Christiane s’éteint.

***

FIN DE UNE BELLE AFFAIRE

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