Textes de théâtre gratuits

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Le Western participe à l’écriture de la légende des États-Unis d’Amérique. Dans les meilleurs exemples du genre, l’intrigue inclut une mise en abyme. Elle met alors en exergue la manière dont la conquête de l’Ouest s’accompagne de récits qui s’arrangent bien souvent avec la vérité. Voici 2 films caractéristiques de cette manière : L’Homme qui tua Liberty Valance (John Ford, 1962) et Impitoyable (Eastwood, 1992).

Dans le premier, James Stewart y incarne un jeune étudiant en droit, Staddard, débarquant dans une petite ville. Symbole de la civilisation venant domestiquer la sauvagerie de l’Ouest, il veut régler les problèmes à coup de code civil et non plus à coup de colt. Pourtant, la ville entière le félicite bientôt d’avoir tué au pistolet Liberty Valance, voyou qui terrorisait la bourgade. Plus tard, nous apprendrons que ce n’est pas Staddard, entre temps devenu sénateur, qui est l’auteur du meurtre. Le véritable héros est Tom Doniphon, incarné par John Wayne et symbole du cow-boy solitaire. Le directeur du journal local, témoin de cette révélation, ne changera pourtant pas le récit : la légende est préférée à la réalité.

L'Homme qui tua Liberty Valance (Ford, 1962)
L’Homme qui tua Liberty Valance (Ford, 1962), Lee Marvin (Liberty Valance), James Stewart (Staddard), John Wayne (Tom Doniphon).

Dans Impitoyable, nous faisons connaissance avec un certain English Bob. Il traîne avec lui un certain W. W. Beauchamps, qui est son biographe officiel. Ce dernier a d’ailleurs fait publier un livre relatant les exploits d’English Bob. Le shérif Daggett, lisant l’ouvrage, décille Beauchamps et lui révèle qu’English Bob a en fait été un tueur atroce. Il entreprend alors de réécrire un passage ayant été trop grossièrement écrit à l’avantage d’English Bob. Ici, la réalité recouvre la légende.

Impitoyable (Eastwood, 1992)
Impitoyable (Eastwood, 1992), Saul Rubineck (W.W. Beauchamps), Gene Hackman (Daggett), Richard Harris (English Bob).

Ces deux films, qui se présentent en miroir, comportent des figures d’écrivain, qui questionnent la place de tout auteur de Western : faut-il choisir la légende ou la vérité ? Et faut-il le faire savoir au public ?